Au sujet des lettres attribuées au roi, on a fait arrêter le gérant et le rédacteur en chef du journal la France,—contrairement aux lois qui régissent la presse.

Le National, qui a fort poussé aux fortifications, s’en étonne et s’en indigne. Pour moi, je m’étonnerais plus qu’un roi auquel on donne des citadelles et des bastilles plus qu’il n’en demande ait la magnanimité de ne pas faire pendre M. de Montour et M. Lubis.—A propos de quoi, je prie S. M. Louis-Philippe d’agréer l’hommage de mon admiration pour sa mansuétude extraordinaire.—Mais un roi qui sort de dix ans de constitutionnalité—ressemble beaucoup à un oiseau échappé de sa cage:—il ne prend pas son vol tout de suite.

La plaisanterie si ingénieuse qui consiste à me faire passer pour mort n’est pas une nouvelle invention. Il y a quelques années,—M. C. avec M. D. et quelques-uns de leurs amis, en imaginèrent une semblable au Café anglais, sur M. Duponchel, alors directeur de la scène à l’Opéra.

On fit imprimer des lettres de faire part, annonçant la perte douloureuse qu’on venait de faire de M. Duponchel, et on envoya à toutes les personnes qui tenaient de près ou de loin à l’Opéra une invitation d’assister aux convoi, service et enterrement; on se réunira à la maison mortuaire à neuf heures. Puis on alla à l’administration des pompes funèbres commander un convoi convenable.

A huit heures, le portier de la maison de M. Duponchel vit arriver avec étonnement des ouvriers de l’administration, qui tendirent la porte de noir;—puis arrivèrent le corbillard et six voitures de deuil,—et au même instant se présentaient, vêtus de noir et avec une figure de circonstance,—les chanteurs, les danseurs, les choristes, les machinistes, les lampistes, se disant: «Est-ce étonnant, je l’ai encore vu avant-hier!

—Et moi aussi.»

Enfin, on frappe discrètement au logis du mort, et c’est lui qui vient ouvrir.