Je viens de lire dans un journal que feu M. de Quélen, l’archevêque de Paris,—s’était adjoint—je ne sais plus quel prélat,—pour l’aider à supporter le fardeau de l’épiscopat.—Cela me rappelle que je vois de temps à autre dans d’autres feuilles et j’entends dire à la tribune—le poids des affaires publiques,—le faix de la royauté,—etc., etc.
Ces phrases étaient bonnes à la rigueur et pouvaient espérer des dupes quand il était d’usage de couvrir son ambition et son avidité d’un manteau d’amour du bien public et de désintéressement;—mais elles sont bien ridicules aujourd’hui—que l’on joue les plus vilains jeux, cartes sur table.
UN BIENFAITEUR A BON MARCHÉ.—Un homme fort riche se délasse des travaux qu’il ne fait guère à la Chambre et de ceux qu’il fait faire à son argent—par des amours cachées; modeste, il n’a pas la prétention d’être aimé tout à fait pour ses avantages extérieurs. Il ne peut pas, comme César, donner un royaume à la femme qu’il aime;—il n’a pas de royaume, et, s’il en avait un, il ne le donnerait pas,—il le prêterait plutôt à quinze pour cent.
La belle, un de ces jours derniers,—était en conversation avec un rival heureux de son bienfaiteur—lorsque tout à coup la sonnette se fait entendre.
—C’est lui!
M. de *** se trouble.
—N’aie pas peur, mon ami,—je l’aurai bientôt renvoyé: j’ai un moyen.
On cache l’ami dans un cabinet.—Le bienfaiteur arrive:
—J’ai sonné bien longtemps,—dit-il.