Toujours est-il que M. Pelletier-Dulas,—qui, avec trente-quatre sous de plus,—eût fait des lois pour les autres, s’en est retourné à Château-Chinon subir les lois qu’il plaira de faire à ceux qui ont trente-quatre sous de plus que lui.—Et, s’il veut parler en public, il sera obligé de se faire membre de quelque société philanthropique ou scientifique, ou patriotique ou religieuse,—toutes ayant divers prétextes,—mais n’ayant qu’un seul et même but,—ainsi que j’ai déjà eu occasion de le dénoncer, à savoir: de monter sur quelque chose et de parler devant d’autres gens.

C’est pourquoi—je suis décidé à ne plus laisser faire cette vieille plaisanterie usée sur la loquacité des femmes—à une époque où les hommes feignent une foule de goûts, de vertus, de vices, de sciences, de missions, de devoirs, etc., pour se rassembler dans des endroits et y parler d’abord, chacun à son tour, au commencement des séances, puis tous à la fois, pour ne pas perdre de temps à écouter.

DE LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE.—Une des plus grandes preuves de l’amour de la parole dont sont possédés les gens en ce temps-ci est sans contredit—la ridicule discussion sur la propriété littéraire.

Je commencerai par dire que je suis aussi désintéressé dans la question que M. Lherbette ou M. Chaix-d’Est-Ange,—qui n’écrivent pas.

Si j’avais eu besoin ou désir d’argent,—j’aurais fait un tout autre métier que celui de poëte,—métier auquel je ne demande que l’indépendance,—la paresse et la dignité,—acceptant comme argent trouvé—celui qui me revient de mes vers ou de ma prose.

De quoi je donnerai pour preuve,—seulement en ce qui regarde les Guêpes,—que depuis un an et demi que je les publie—je n’ai jamais prétendu tirer aucun bénéfice des reproductions qu’en ont faites les journaux de Paris et surtout de la province,—ne suivant pas en cela l’exemple de mes confrères de la Société des gens de lettres,—Société sur laquelle je me suis suffisamment expliqué—dans mon volume du mois de mars 1840;

Que j’ai refusé formellement de joindre à mon volume quelques pages d’annonces,—pour lesquelles on m’offrait d’assez fortes sommes,—ce que je ferai seulement à prendre du mois prochain,—pour m’aider à payer le timbre, auquel j’aurai à donner six cents francs par mois,—ce que je serais assez embarrassé de faire sans cet expédient.