1892.—Portrait d’un foulard,—d’une touffe de capucines et d’une blanchisseuse.—La blanchisseuse et la touffe de capucines ne valent pas grand’chose;—le foulard est réussi—assez pour indiquer à l’auteur sa véritable vocation.—Il peint très-bien les foulards.
210.—Une figure par M. Louis Boulanger.—Tant pis pour vous, madame, pourquoi vous faites-vous peindre et exposer?—je dirai que vous avez la figure d’une poupée d’enfant,—que vos mains, qui sont belles et bien peintes, ont tort de faire tourner leurs pouces;—quant à votre robe qui paraît être de papier peint,—ce doit être la faute de M. Louis Boulanger.
1745.—Tant pis pour vous aussi, madame: je dirai que vous êtes bleue.
1057.—Poissons rouges très-bien faits;—beaucoup les préfèrent dans le bassin des Tuileries.
Mon voisin M. Alaux et M. Galait ont fait chacun un tableau très-estimé.—Les peintres préfèrent celui de M. Alaux,—moi j’aime mieux celui de M. Galait, quoiqu’il ait fait mieux d’autres fois.
Je continue à ne pas me rendre compte des tableaux de M. Delacroix,—La composition de la Prise de Constantinople ressemble beaucoup à celle de la Justice de Trajan de l’année dernière:—le groupe des cavaliers est assez beau;—il y a là dedans, à la fois, de l’harmonie et une confusion qui fatigue.—Dans le tableau du naufrage, la mer est perpendiculaire;—je la préfère horizontale, mais cela vient peut-être de ce que je l’ai toujours vue ainsi. Je n’aime pas beaucoup la peinture de M. Delacroix: ceci n’est pas un blâme, c’est une façon de sentir.—Je lui rends néanmoins la justice de dire qu’il est original et toujours lui-même,—et qu’on reconnaîtrait au milieu de deux mille toiles une esquisse de lui grande comme la main.
Encore un mot sur six petits tableaux de M. Gudin dans un même cadre;—plusieurs sont fort jolis;—et sur une petite, toute petite toile de M. Diaz, d’une couleur féerique.—Le pauvre cadre de bois, si simple, qui entoure l’étude de femme de M. Jourdy, m’a fait désirer tout d’abord que son tableau fût bon, et j’ai été heureux de voir toutes les excellentes qualités de sa peinture.—J’en oublie des meilleurs et sans doute aussi des plus mauvais, mais j’ai la tête brisée,—je m’en vais,—je paye à la peinture chaque année un tribut de cinq migraines,—celle-ci est la cinquième, je suis quitte,—adieu.