Mai 1841.

Les lettres attribuées au roi.—M. Partarrieu-Lafosse patauge.-Me Berryer.—Embarras où me met le verdict du jury.—Opinion de saint Paul sur ce sujet.—La Contemporaine.—Une heureuse idée de M. Gabriel Delessert.—Sang-froid de M. Soumet.—M. Passy (Hippolyte-Philibert).—Un mot de l’archevêque de Paris.—Le faubourg Saint-Germain et un employé de la préfecture de la Seine.—De M. Grandin, député, et de son magnifique discours.—J’ai la douleur de n’être pas de son avis.—M. Hortensius de Saint-Albin.—Deux petites filles.—Une singularité du roi.—Réalisation du rêve d’Henry Monnier.—Paris malade.—Vertus parlementaires.—A mes lecteurs.—Une église par la diligence.—Récompense honnête.—Récompense moins honnête.—Pensées diverses de M. C.-M.-A. Dugrivel.—Les concerts.—De M. S*** improprement appelé Sedlitz.—Steeple-chase.—Choses diverses.—M. Lebon.—Les gants jaunes.—Des amis.—Un proverbe.

MAI.—Les lettres.—Voici ce qui est arrivé pour les lettres attribuées au roi dont j’ai déjà parlé. Il paraît qu’on en a autrefois déjà racheté quelques-unes, mais que Sa Majesté, impatienté d’en voir toujours reparaître de nouvelles, aurait dit à M. le comte de Montalivet, qui lui en parlait:

—Je ne réponds pas de ce que j’ai pu écrire il y a trente ans; j’étais en émigration;—je n’étais pas toujours sûr de mon dîner.—J’ai pu écrire des choses assez singulières.—Mais, pour ce qui est des lettres que l’on m’attribue depuis que je suis roi de France, je suis certain de ne pas les avoir écrites.

Et le roi, qui n’aime guère à donner de l’argent quand il ne s’agit pas de moellons ou de menuiserie, a défendu qu’on achetât les lettres.

Le journal la France, qui n’avait publié les lettres qu’après trois ou quatre autres carrés de papier,—a été mis en cause et accusé par M. Partarrieu-Lafosse—d’abord de faux,—puis ensuite d’offense à la personne du roi.

Le ministère public a abandonné l’accusation de faux par la raison qu’un faux ne pouvait être affirmé que par des experts écrivains,—que leurs erreurs ont une notoriété comique, et que, s’ils s’avisaient de déclarer les lettres réellement écrites de la main du roi, la monarchie dite de juillet—se trouverait dans une situation plus qu’équivoque.

Que si, au contraire, les accusés étaient condamnés, les experts, que la presse eût proclamés infaillibles dans le premier cas, seraient nécessairement, dans le second, accusés d’ignorance et de corruption.