Nous leur rappellerons alors qu’un autre des candidats a reçu et accepté, en plein foyer du Gymnase, une insulte grave de la part de M. Évariste Dumoulin, rédacteur du Constitutionnel.
M. Berryer, s’il est élu, sera forcé de faire ratifier sa nomination par le roi Louis-Philippe et de lui être présenté. Quelques légitimistes appellent cela un bon tour joué à la royauté de Juillet; d’autres disent que c’est une défection.
Il est singulier, pour les légitimistes, de voir M. Berryer porté à l’Académie et soutenu par M. Thiers, auquel il rend de son côté quelques bons offices; par M. Thiers, auteur de l’arrestation et de l’emprisonnement de madame la duchesse de Berry.
LA COMÉDIE DE MADAME DE GIRARDIN.—C’était le jour où l’on représentait au théâtre de la Gaîté le Massacre des Innocents. Des écrivains chargés par les journaux de rendre compte de la représentation des pièces de théâtre, presque aucun ne parut dans la salle. Les plus influents des feuilletonistes avaient reçu une lettre ainsi conçue:
«M. et madame Émile de Girardin prient M.*** de leur faire l’honneur devenir passer la soirée chez eux, le mardi 12 novembre, à neuf heures, pour entendre l’École des journalistes.»
Dans un salon tendu en vert, décoré avec une simplicité riche et élégante, on remarquait madame de Bawr, madame Gay, madame Ancelot, madame Ménessier, MM. Hugo, de Balzac, Étienne, de Jouy, Lemercier, Ancelot, E. Sue, Émile Deschamps, Malitourne, Roger de Beauvoir, de Custines.
Plusieurs femmes du monde, les unes spirituelles, les autres jolies, une jolie et spirituelle, des artistes distingués, des hommes du monde.
Mais surtout on remarquait tous les rois du feuilleton, et à leur tête leur maître, M. Jules Janin.