Voici, à ce sujet, une petite anecdote:
M. Dugabé est gendre de madame..., propriétaire de la cité Berryer, passage situé à côté de l’église de la Madeleine. Madame..., pour donner un peu de mouvement à sa cité, a pensé qu’il serait excellent d’y construire un théâtre.—Elle a fait demander le privilége avec beaucoup d’instances par M. Dugabé, se contentant, dit-on, du bénéfice apporté à son quartier, et abandonnant à son gendre le produit du théâtre, qu’on devait louer quinze mille francs.—On assure que M. Berryer en a dit quelques mots, et que l’importance du pétitionnaire avait rendu tout d’abord le ministre très-favorable à la demande;—mais on a ensuite pensé que, lors de l’ouverture de l’église, le curé ne manquerait pas de trouver inconvenant le voisinage aussi proche d’un théâtre, et que, si on s’avisait alors de supprimer le théâtre, on crierait au jésuitisme, au parti prêtre, etc.; c’est pourquoi on a refusé le privilége, c’est pourquoi—M. Dugabé a prononcé à la Chambre deux discours contre l’administration.
UN MOT DU ROI.—Voici un mot du roi Louis-Philippe, qui est plus juste que constitutionnel:—«MM. les députés sont quatre cent cinquante;—mais j’ai pour moi l’unité.»
VÉRITABLE HISTOIRE DE L’INFANTE ISABELLE.—Comme quoi un jeune Polonais est devenu neveu de la reine de France et de la reine Christine.—On a souvent plaisanté amèrement dans plusieurs journaux légitimistes et républicains sur les difficultés que rencontrait le roi Louis-Philippe pour l’établissement de sa nombreuse famille. Voici cependant une nouvelle alliance qui s’est faite et conclue non-seulement sans qu’il se soit donné pour cela aucune peine, mais encore à peu près malgré lui.
M. le comte....ski,—j’espère que ces trois lettres sont fort discrètes, attendu qu’elles appartiennent aux deux tiers des Polonais,—était connu dans le monde comme un assez joli homme, élégant et comme il faut, et ami de M. le marquis de C***. Rien jusque-là n’avait fait présager qu’il dût devenir aussi prochainement neveu de deux reines, d’autant qu’il passait pour avoir peu de penchant au mariage.
L’infante dont on a tant parlé par ces derniers temps—est fille de don François de Paule, infant d’Espagne, domicilié à Paris, hôtel Galiffet;—et, par suite d’une généalogie aussi longue que celle de la Genèse, nièce de la reine Amélie de France, et de la reine Christine d’Espagne.—Aussitôt l’enlèvement connu, on mit à la poursuite de la princesse le gouverneur des infants, qui rejoignit le couple à Namur, où il trouva l’appui des autorités prévenues par le télégraphe.—On laissa, ou plutôt on fit échapper le comte...ski;—et le gouverneur annonça à l’infante qu’il allait la ramener à Paris.
—Monsieur, lui dit-elle avec beaucoup de calme et d’autorité, je ne pense pas que vous ayez l’intention de porter la main sur moi.—Eh bien! je ne vous suivrai qu’après que vous m’aurez donné votre parole d’honneur de respecter une condition que je mets à mon obéissance.