LE DRAME DE MADAME SAND.—Le sujet du drame de madame Sand ressemble singulièrement au sujet de Clotilde, un roman que j’ai publié l’été dernier.
Une femme mariée dit à son amant: «Je ne serai jamais à deux hommes à la fois.» L’amant s’occupe naturellement d’assassiner le mari. Par une erreur bizarre, il tue un inconnu; mais, en homme de tête, il accuse le mari du meurtre qu’il a commis. La femme trouve la chose un peu forte, rend à son mari l’amour qu’elle n’a plus pour son amant, voit les juges, sollicite et sauve son époux. L’époux, à peine hors de prison, demande raison à l’amant de son procédé qu’il trouve déloyal.
L’héroïne sait le jour et l’heure du duel. Elle écrit au jeune homme, le fascine par ses coquetteries, résiste un peu et succombe.
Puis lui dit: «Il est onze heures. L’heure du duel est passée; vous êtes déshonoré.»
N. B. Comme il y a aujourd’hui quelques femmes qui se modèlent sur les héroïnes de madame Sand, je crois devoir les avertir que, s’il s’en trouvait une par hasard qui crût m’embarrasser ainsi, j’ai ma réponse toute prête.
Au moment où elle-me dirait: «Vous êtes déshonoré.—Et vous donc? lui dirais-je. Pour moi, je vais aller dire à votre mari ce qui m’a retardé, et il m’excusera.»
LA COMÉDIE DE M. DE WALESKI.—On a lu chez madame A*** de G*** une comédie de M. le comte de Waleski qui obtient beaucoup de succès dans le monde. Le sujet est une jeune fille coquette qui, sans être criminelle, laisse prendre sur elle des droits et une influence qui font le malheur de sa vie.
La comédie de M. Waleski offre la peinture, presque unique aujourd’hui au théâtre, des mœurs contemporaines. La plupart des écrivains observent d’après les observateurs, et croient avoir beaucoup fait quand ils reproduisent des types connus et usés sous d’autres noms. Ils se contentent d’appeler le Valère de l’ancienne comédie Eugène de Noirval; Scapin prend le nom de Tom, Sganarelle celui de M. Ducros ou de M. Valmont. Et leur tour est fait.