Les personnages de M. Waleski sont vrais, vivent parmi nous, se conforment aux convenances de notre époque, n’entrent qu’où ils doivent entrer, parlent comme ils doivent parler. Ces qualités, ainsi que la netteté et l’élégance du style, pouvaient s’attendre d’un homme du monde; mais on a été étonné (les gens qui s’étonnent) de reconnaître une grande adresse dans la charpente de la pièce et une remarquable entente de la scène.

La comédie de M. Waleski sera représentée au Théâtre-Français.

LE DRAME DE M. DE BALZAC.—M. de Balzac a lu à la Porte-Saint-Martin un drame dont les personnages sont tirés d’un de ses plus beaux romans. La pièce est très-neuve et très-audacieuse.

LES PHILANTHROPES ET LES PRISONS.—Deux classes de philanthropes se partagent les prisons et les prisonniers, et, loin de leur opposer une énergique résistance, le gouvernement a pris la résolution de laisser faire. Il a fait pour la philanthropie comme pour l’asphalte, pour les criminels comme pour les boulevards.

On a livré un côté des boulevards au bitume Polonceau, l’autre côté à l’asphalte de Seyssel. On a abandonné certaines prisons à certains philanthropes, et les autres prisons à d’autres philanthropes.

Voici en quoi consistent les deux procédés. Nous y ajouterons les résultats.

Le philanthrope de l’école française trouve que l’homme est déjà bien assez malheureux d’être criminel sans qu’on aille encore aggraver ses chagrins par des punitions excessives. Il veut que le condamné soit bien chauffé, bien vêtu, bien logé, bien nourri.

L’homme vertueux s’enveloppe de sa vertu et se rafraîchit du souvenir de ses bonnes actions. Mais pour le criminel, le philanthrope veut qu’on lui donne des bougies, et recommande le vin de Bordeaux de 1834, un peu de musique, le spectacle, les livres, en un mot toutes les distractions pour des hommes qui en ont tant besoin. Il aime son criminel, il le choie, il l’engraisse, il le console. M. Martin du Nord était de cette école. Comme on lui disait que les prisonniers avaient de mauvais pain, il répondit: «Leur pain vaut mieux que celui des soldats.»