Résultats: les gens gênés dans leurs affaires, les ouvriers sans ouvrage s’empressent de tuer leur femme ou d’empoisonner leur frère, pour jouir du sort des scélérats.
Pour les condamnés, ils ne quittent la prison qu’en pleurant; il faut les en arracher par la force. Un homme amené facilement en prison par deux gendarmes n’a pas trop de six gendarmes pour le décider à sortir. Il n’est pas huit jours sans revenir, en ayant eu soin cette fois d’étoffer un peu son crime de circonstances aggravantes, pour s’assurer une dizaine d’années de prison.
Les philanthropes de l’école américaine isolent le prisonnier, inventent des tourments et des incertitudes. Après ne lui avoir laissé d’autre société que les quatre coins de son cachot, ils trouvent ces quatre coins une distraction excessive, et ils les suppriment pour le mettre dans une prison ronde.
Aucun des criminels qu’ils tourmentent n’est aussi scélérat, aussi ingénieux en férocité que le plus doux de ces braves philanthropes.
Outre la cruauté de ces essais, on peut leur reprocher une odieuse injustice. Personne n’a le droit d’aller plus loin que la loi. C’est un horrible arbitraire.
Résultats: cinq hommes sont devenus fous, un est mort en écumant; un autre, tout récemment, ne pouvant supporter ces cruelles épreuves, s’est accusé d’un crime imaginaire qui l’envoyait à l’échafaud.
Le directeur d’un théâtre royal, très-amateur de chevaux, disait dernièrement: «Il me faut quatre chevaux pour monter au bois.»
Un cheval pour y aller en tilbury.
Un cheval pour le domestique qui me suit.
Un cheval pour faire le tour du bois au trot.
Et enfin un quatrième cheval pour faire un tour au galop.
—Parbleu, monsieur, lui dit un brave homme, il y a eu autrefois des gens qui n’étaient pas si exigeants que vous; ils n’avaient qu’un cheval, et ils étaient quatre: c’étaient les quatre fils Aymon.