La lutte établie contre les fêtes de Chantilly par le parti légitimiste n’a pas été heureuse.—Le soin de paraître s’amuser plus que les invités du château a beaucoup nui au plaisir qu’on a éprouvé réellement.

On a répandu le bruit que les fêtes de M. Thorn sont le résultat d’une souscription mystérieuse du faubourg Saint-Germain, qui se cotise pour avoir une sorte de club dansant.—C’est fort bête, mais cela fâche beaucoup M. Thorn.

On rencontre souvent par les rues—un dragon ou un cuirassier au grand trot.—Les fers de son cheval font jaillir du pavé des milliers d’étincelles.—Son sabre résonne dans le fourreau.—On se range en toute hâte sur son passage.—Les mères se serrent contre les murailles avec leurs enfants.

Où vas-tu, guerrier?—Où s’arrêtera ton coursier écumant? Vas-tu sur un champ de bataille, rejoindre ton drapeau,—donner ou recevoir la mort?

Ou, simple messager, apportes-tu la nouvelle d’une victoire ou d’une défaite?—Demain les cloches des églises appelleront-elles les hommes pieux et les hommes curieux à un De profundis ou à un Te Deum?

Quelque malheur public va-t-il réjouir les employés, les ouvriers et les lycéens, en fermant les bureaux, les ateliers et les classes pour vingt-quatre heures?—En te voyant passer si rapidement on s’interroge, et plus d’une portière songe à retirer son argent de la caisse d’épargne.

Où vas-tu, guerrier, et d’où viens-tu?