Où M. Dupin dit au prince royal à l’occasion de son mariage:

«La princesse que votre cœur a choisie sera bien reçue parmi nous,—nos mœurs, fort éloignées de la morgue des anciennes cours, lui seront bientôt familières.»

PARENTHÈSE.—Pauvre princesse,—l’avocat Dupin avait bien raison,—vous n’avez pas trouvé cette cour de France, autrefois asile des plaisirs, du luxe, des fêtes, de la beauté, des amours,—cette cour de France si noble, si chevaleresque, si heureuse, si enviée, que rêvaient les princesses des autres pays comme un paradis sur la terre, pour laquelle elles croyaient n’avoir jamais assez de beauté, d’esprit et de grâce. Autrefois il y avait quelque chose de plus qu’être reine,—c’était être reine de France. Les belles de tous les pays, de toutes les cours, venaient subir à la cour de France une épreuve qui décidait si elles étaient vraiment belles; les seigneurs les plus beaux, les plus riches, les plus élégants, venaient apprendre à Versailles s’ils étaient réellement beaux, riches et élégants,—de la cour de France partaient des arrêts sans appel, c’était là que régnait la mode.

Aujourd’hui, comme dit M. Dupin,—la cour est bien éloignée de cette morgue.

Aujourd’hui on y voit des gardes nationaux avec des boutons d’étain,—les députés y vont en bottes, en cravate écossaise et en gants verts;—l’avocat Dupin,—sans gants, avec ses bas plissés comme un jabot, y parle haut et y est écouté.

Ah! ce n’est pas là de la démocratie,—messieurs du gouvernement sauvage.

«Dans la société actuelle, quelques-uns ont, à l’exclusion des autres, le monopole de l’éducation, le monopole des capitaux,» ajoute le gouvernement sauvage.—Le monopole des capitaux,—ouf! voilà le gros mot lâché.

Mais, messieurs, l’argent est le fruit du travail, ceux qui ont ce que vous appelez le monopole des capitaux ont aussi le monopole de la fatigue, des veilles, des soucis, ils ont le monopole de l’ordre, de l’économie.