Les élèves de Fourier ont leur culte public.
Comme les Saint-Simoniens ont eu le leur.
Et vous, messieurs les sauvages,—vous vous êtes rassemblés pour discuter et mettre aux voix la reconnaissance de l’Être Suprême,—qui n’a passé qu’à une voix de majorité.
Ce pauvre Être-Suprême l’a échappé belle. Heureusement que M. Thoré, qui a une si belle barbe, lui a prêté main-forte.—On se devait bien cela entre barbes.
Personne ne vous a gêné pour cela, messieurs.—Il est difficile cependant de dépasser de plus loin les religions privilégiées que de prononcer la déchéance de Dieu, et personne ne vous en aurait empêché.—Qu’avez-vous donc de plus avancé que l’on ne vous permet pas encore de faire?—Quel Dieu voulez-vous donc adorer?—Est-ce un crocodile, un bœuf, ou un scarabée, ou un lézard?—Est-ce Vitznou, ou Irminsul, ou Jupiter? Est-ce le feu? Est-ce l’un de vous?
Mon Dieu, messieurs, adorez-vous les uns les autres,—personne ne vous en empêchera.
Du reste, supprimer la religion—c’est supprimer les frais du culte, c’est supprimer le sacrilége.
Comme supprimer la propriété c’est supprimer le vol,—c’est supprimer la justice, les tribunaux, les juges,—la police,—la gendarmerie.—Pourquoi ne pas avoir formulé votre Charte en trois mots:
Il n’y a plus rien.