Me Dupin a exigé que M. Clausel vînt d’Alger à Paris pour lui donner personnellement des explications;—là, il a blâmé les opérations du maréchal, lui a cité des vers latins, et l’a appelé Calpurnius.
On doit se rappeler que M. Clausel prit fort mal la chose et exigea de l’avocat Dupin les plus humbles excuses.
L’avocat Dupin profita de la première circonstance pour faire un grand réquisitoire contre le duel.—Tous les avocats du monde soutinrent Me Dupin.—Il est, en effet, agréable pour ces messieurs de ne pas être obligés de demander raison des soufflets qu’ils peuvent recevoir.
Disons, en passant, que, si les Français ont eu la réputation pendant si longtemps d’être le peuple le plus poli de la terre,—c’est parce qu’ils portaient l’épée—et la tiraient facilement du fourreau.
Les hommes du métier demandent, pour Alger, soixante mille hommes et soixante millions.—Les avocats parlent, discutent, chicanent, et arrivent à donner le tiers des hommes et de l’argent demandés,—et chaque année, pour que l’on ne puisse pas diminuer encore cette trop faible allocation,—on est obligé de faire une expédition inutile, ou de donner à l’occupation une extension dangereuse—qui rendrait insuffisants même le nombre d’hommes et la somme d’argent demandés.
Puis on s’étonne quand les soldats meurent de fatigue et de maladie, sans secours.
On s’étonne quand les soldats français sont battus.
Aujourd’hui—le roi l’a dit avec raison dans son discours,—l’armée française ne sortira plus d’Afrique,—l’honneur national est engagé. Mais, avant l’événement qui a amené le résultat, il n’y avait que deux choses à faire pour l’Afrique:
Ou l’abandonner, ou la conserver.