Les députés qui étaient pour l’abandon n’ont jamais osé le dire franchement et honnêtement à la Chambre.—Ils ont, par de honteuses chicanes, rendu la conservation, dont ils ne voulaient pas, désastreuse et impossible.

Ceux qui voulaient la conservation—n’ont pas su ou n’ont pas pu exiger les moyens nécessaires.

Le résultat de toutes les discussions a toujours été—qu’on a gardé et qu’on n’a pas conservé.

On veut de l’économie et de la gloire.—La gloire est un luxe, messieurs,—c’est un luxe que la France peut se donner,—mais c’est un luxe.—La France est riche, grande, forte, brave.—Elle peut bien se passer une fantaisie de soixante mille hommes et de soixante millions.

On n’a pas de la gloire au rabais, messieurs;—vous ne ferez pas pour la gloire ce qu’on a fait de ce temps-ci pour toutes les autres choses; l’or au rabais s’appelle chrysocale;—l’argenterie au rabais est du métal d’Alger. La gloire est chère, messieurs; demandez aux époques glorieuses de notre histoire:—elle était fort chère sous Louis XIV,—fort chère sous l’Empire, et si la Révolution a semblé l’avoir pour rien,—c’est qu’elle la prenait à crédit, et l’Empire a payé pour la Révolution et pour lui.

Si vous ne voulez pas y mettre le prix, messieurs, il faut vous en passer,—il faut réduire la France à la vie bourgeoise et au pot-au-feu,—cela n’est pas cher—et cela n’est pas beau non plus,—cela vous conviendrait à ravir;—mais la France ne voudra peut-être pas toujours que vous lui fassiez sa part, messieurs.

Puis, quand un général est là-bas avec des forces insuffisantes, les ministres, qui craignent d’être inquiétés sur la question d’Alger,—lui envoient une foule d’exigences et de tracasséries de la part des députés.

Il faut faire ceci pour M. Arago,—ne pas faire cela pour M. Mauguin.

Il faut aller par là, revenir par ici.