Tenez, voici qu’on vient enfin d’envoyer à la Chambre—M. Gustave de Beaumont,—allié à la famille de la Fayette et philanthrope de l’école américaine.—Revoir le numéro des Guêpes de décembre.

M. de Beaumont est philanthrope,—il voudra moraliser les Arabes;—et comme M. de Beaumont est du parti démocratique, comme, d’autre part, le pouvoir fait tout ce que veulent ses ennemis, on s’occupera de moraliser les Arabes;—on ne voudra plus qu’ils renferment leurs femmes—et, sous prétexte du bienfait de l’éducation, on prendra les petits Arabes et on leur fera faire des thèmes.

Nous ferons deux remarques sur l’élection de M. Gustave de Beaumont.—La première est que le système cellulaire a causé, cette année, à Philadelphie, où il est en vogue, dix-sept morts et quatorze cas d’aliénation de plus que le régime ordinaire sur une moyenne donnée.—La seconde est que le parti démocratique devient friand et libertin, il lui faut des hommes titrés,—il lui faut aujourd’hui des vicomtes et des marquis.

Le général Valée s’accommode médiocrement des tracasséries ministérielles.—Voici une lettre officielle de lui au général Schneider, dont on a beaucoup parlé ces jours-ci:

«Mon cher général, si vous voulez que je continue à gouverner l’Algérie, ne m’envoyez plus d’ordre du ministère, attendu que je les f... au feu sans les lire.—Tout à vous.»

Et ceci n’était pas une menace vaine,—le maréchal, dernièrement, avait défendu qu’on laissât entrer personne chez lui.—Le colonel A... força la consigne.

—Colonel, ne vous a-t-on pas dit que je n’y étais pas?

—Général, on me l’a dit, mais il s’agit de signer des dépêches pour la France, et le bâtiment attend.

—Cela m’est égal, je n’y suis pas.