Le peuple de certains autres se compose des gens qui n’en font pas.

Le «pays» a absolument le même sens.

Le pays, comme le peuple, veut dire ceux qui pensent comme nous,—ou ceux par qui nous faisons tirer les marrons du feu.

Les journaux républicains appellent le peuple la classe la plus nombreuse.

Puis, un jour d’émeute, ils disent: «Le peuple est sur la place.»

Puis, l’émeute finie, on trouve que l’émeute se composait de trois cents hommes,—dont cent cinquante spectateurs,—cinquante gamins au-dessous de seize ans,—quarante voleurs,—et cinquante agents de police,—et une dizaine de pauvres diables de bonne foi qui croient combattre pour la liberté dont ils jouissaient sans contestation, et dont ils se sont privés pour quelques mois.

Le National a déclaré qu’il n’y avait plus de bourgeois, qu’ils étaient trop mêlés au peuple pour qu’on pût les reconnaître.

Disons alors que le peuple est également trop mêlé aux bourgeois pour qu’on puisse le discerner.

Pourquoi alors le National parle-t-il si souvent du peuple, par opposition aux bourgeois?

Les gens qui se font tuer dans les émeutes sont pris généralement sur les dix pauvres diables de bonne foi dont je parlais tout à l’heure.