Pour plaire aux journaux, il faut qu’ils trahissent leur serment, manquent à leur honneur, et s’exposent à être fusillés de par un conseil de guerre, à Grenelle;—pour ne pas trahir leur serment, ne pas manquer à leur honneur, et ne pas s’exposer à être fusillés à Grenelle, il faut qu’ils s’exposent à être appelés assassins dans les journaux et fusillés par le peuple au coin des rues. La position est difficile;—quand, à Clermont, ils combattaient l’émeute, dont le recensement était le prétexte, on disait qu’ils assassinaient le peuple; comme s’ils n’étaient pas le peuple aussi, et comme si, en fait d’impôts, ils ne payaient pas le plus lourd de tous, l’impôt de la vie et du sang!

En même temps que vous vous plaignez de l’armée, vous faites tous vos efforts pour rompre tous les liens de la discipline;—mais, si vous réussissiez, c’est alors que l’armée serait redoutable et odieuse.

LE PEUPLE.—Il y a un mois,—dans un chapitre des Guêpes adressé à M. de Cormenin,—je lui demandais ce qu’était le peuple.—Cette question a été fort débattue dans les journaux depuis quinze jours.

Sur cette question comme sur les autres,—on a vu tomber

Un déluge de mots sur un désert d’idées.

FRÉDÉRIC LE GRAND.

Le peuple, comme partie du pays tranchée et séparée, n’existe pas.—Quand une chose existe, on doit pouvoir dire où elle commence et où elle finit.

Quelques dissentiments politiques qu’il y ait entre vous et moi, vous ne pouvez pas me nier qu’une pomme est une pomme.—Si vous me montrez un soldat, et que vous me disiez: «Voici un soldat,»—je ne puis pas vous répondre: «Ce n’est pas un soldat.»

Le peuple de certains journaux se compose des gens qui font des émeutes.