«M. Pauchet, membre du conseil général d’Eure-et-Loir, a voté contre le recensement,»
On lui a répondu:
«M. Pauchet n’a pas voté contre le recensement, parce qu’il est MORT depuis plusieurs mois.»
Et vous avez cru ce qu’il a plu au National de vous dire le lendemain.
On ne croit plus à rien!—mais vous avez cru que le duc de Bordeaux était mort, parce que le Moniteur parisien vous l’avait dit.
On ne croit plus à rien! mais le journal le Siècle vous dit: «Le recensement va commencer à Paris; nous ne nous y soumettrons pas, nos portes seront fermées.» On lui répond: «Mais, monsieur le Siècle, il y a quatre mois que vous êtes recensé—vous et votre imprimerie et vos bureaux,—et le lendemain vous lisez le Siècle, et vous croyez ce qu’il vous dit.
On ne croit plus à rien!—mais vous croyez aux pluies de crapauds,—vous croyez au serpent de mer,—vous croyez aux revenants,—vous croyez au chou colossal,—vous croyez à tout ce que les journaux vous racontent.
Les journaux vous disent qu’il y a une émeute à la porte Saint-Denis,—vous allez voir l’émeute qui n’y est pas;—mais la police, aussi naïve que vous, qui vient de son côté, vous prend pour l’émeute et vous empoigne.
Il n’y a plus de croyance! mais trouvez-moi dans une religion,—chez les sauvages mêmes,—croyance plus bizarre à des dogmes plus absurdes.
Quoi! vingt-quatre caractères,—vingt-quatre lettres,—arrangés de certaines façons et mis sous vos yeux sur un carré de papier,—suffisent pour vous rendre gais ou furieux!