Qu’il faut remplacer par viande,—oncle,—cheval,—chien,—sein,—confiture,—mère,—sœur,—lit,—dormir,—soulier,—tante.
2º—Quand l’enfant, qui a deux mains, veut se servir de la main gauche, on le gronde et on le bat s’il se défend contre l’infirmité qu’on veut lui infliger; cette sottise énorme équivaut à l’amputation d’un membre.
A force de ne se servir que de la main droite, on a arrangé tous les exercices et fabriqué tous les instruments pour cette main: de sorte que la main gauche, dont on ne se sert pas, finit par être réellement plus faible et plus maladroite que l’autre.
Et on rit beaucoup des sauvages qui se mettent des anneaux au nez!
Dixième observation.—FAUT.
L’auteur aurait pu, comme bien d’autres, remplacer il faut par il est nécessaire;—mais on a déjà pu apprécier son énergique concision:—il a craint de mériter le reproche que Brutus faisait à Cicéron, dont il appelait l’éloquence—fractam et elumbem,—cassée et éreintée. Il a pensé à Montaigne, qui dit, en parlant des longues phrases de certains orateurs ou écrivains: «Ce qu’il y a de vie et de moelle est estouffé par ces longueries.»
Et il a mis il faut—qui est, de toutes les façons que possède la langue française, le tour le plus vif et le plus concis pour exprimer son idée.
Cherchons quelques exemples d’un choix d’expression aussi heureux.
«Il faut qu’un seul commande.»—HOMÈRE.
«Aux écus et aux armoiries des gentilshommes, il ne serait pas convenable de voir une poule, une oie, un canard, un veau, une brebis,—ou autre animal bénin et utile à la vie: il faut que les marques et enseignes de la noblesse tiennent de quelque bête féroce et carnassière.»