—Je la tourne, et je lis: «Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs le mou de veau...»

—Assez... Comment, le roi?

—Il ne passait peut-être pas précisément à ce moment-là;—et puis, on peut ne pas lui avoir dit la chose.

—C’est égal, il n’a pas eu de bonheur cette fois-là.

Il est évident que la presse est l’origine de l’horrible désordre qui mine la société.—Quelques niais demandent à ce sujet des lois répressives.—Je l’ai dit vingt fois,—c’est, au contraire, le moment de lui mettre la bride sur le cou.—Laissez la presse libre,—sans cautionnement,—sans timbre,—sans procès,—dans deux ans la presse sera morte ou réformée et moralisée.—C’est une gageure que je tiendrais en mettant ma tête pour enjeu.

Toutes ces sociétés secrètes sont comme les mans qu’on trouve dans la terre, où ils rongent les racines; le soleil, le jour et l’air les font mourir.

Si la presse était libre,—les communistes, les égalitaires, qui sais-je, moi, chacune des trente ou quarante républiques dont se compose le parti républicain aurait son journal et développerait ses idées.—Vos lois répressives de la presse donnent à tous les journaux de toutes les opinions des limites égales dans l’expression de leurs opinions,—qui rendent leur langage presque identique, de telle sorte qu’ils se trouvent combattre ensemble,—et dans les mêmes rangs contre vous,—pour des causes toutes différentes, ou ennemies.

Laissez chacun arborer l’étendard qui lui plaît,—et vous verrez cette grande armée de l’opposition que, par vos sottes lois répressives, vous réunissez malgré elle sous un seul et même drapeau d’une couleur bizarre formée du mélange de tant de nuances,—vous la verrez se diviser en petites cohortes, chacune sous son véritable étendard, avec ses couleurs, combattant pour son compte,—et contre ses alliées d’aujourd’hui.