J’ai déterré un bouquin que je destine en présent à mon ami le docteur Alph... L.—Ce bouquin a été imprimé avec brevet et privilége du roi, donné le quatrième jour de novembre 1668, signé par le roi et son conseil.
Il a pour titre:
Remèdes souverains et secrets expérimentés, de M. le chevalier Digby.—Paris, chez Guillaume Cavelier, au quatrième pilier de la grande salle du Palais.—MDCLXXXIV. Avec brevet et privilége du roi.
Je transcris littéralement une des recettes que j’y ai trouvées préconisées, toujours avec privilége du roi.
Remède infaillible pour arrêter le sang d’une plaie ou un saignement de nez,—éprouvé par la comtesse d’Ormont.
«Prenez deux parts de mousse qui vient sur les têtes des morts, et que ce soit une tête humaine;—tirez-la en la séparant et la rendez plus menue que pourrez avec les doigts;—mêlez-la avec une part de mastic en poudre,—puis, réduisez tout en onguent avec de la gomme tragogante trempée en eau de plaintain et eau de rose,—ensuite l’étendez sur du cuir de la longueur du pouce et non si large, et le mettrez sur la veine du front descendant sur le nez.»
On ne se figure pas comme le chevalier Digby, auteur de ce livre, et M. le docteur Jean Molbec de Tresfel, médecin auquel le privilége est accordé,—usaient, dans divers cas, de la tête de mort, apprêtée de façons variées.—Dans un article fort curieux où ils parlent légèrement de la thériaque, panacée longtemps en faveur, ils donnent la véritable recette de l’orviétan.
L’orviétan se compose de cinquante et une drogues différentes, entre lesquelles on trouve:
«De l’os du cœur de cerf pilé, un dragme.
»De fenouil, une demi-once.