Madame *** a perdu son mari;—madame ***, célèbre par les ridicules du sien, a cru devoir lui envoyer une lettre de condoléance qui se termine ainsi: «Permettez-moi de vous féliciter, ma chère amie, de ce que vous portez le nom d’un homme qui ne peut plus faire de sottises.»

Ah ça!—je faisais réellement là un joli métier. Les lecteurs de nos petits livres savent avec quel touchant désintéressement j’ai annoncé, il y a longtemps déjà, que je ne faisais pas partie de la Société des gens de lettres, et que je ne prétendais recevoir aucun argent pour la reproduction des morceaux qu’il conviendrait aux journaux de me prendre.

Cette déclaration, qui me paraissait franche et sans arrière-pensée, a eu,—à ce que j’apprends,—de déplorables résultats pour quelques journaux innocents qui en avaient profité pour faire quelques citations qu’ils croyaient gratuites.

Il n’en est pas ainsi.

Je reçois de M. Pommier, agent central de la Société des gens de lettres, une épître ainsi conçue:

«Monsieur, je viens d’établir le compte des droits de reproduction que j’ai touchés pour vous, et je tiens à votre disposition la somme de cent soixante-cinq francs soixante-seize centimes qui vous est due.—Agréez, etc.»

D’où il ressort qu’à mesure qu’une honnête feuille, trompée par nos protestations, avait l’imprudence de copier quelques pages des Guêpes, M. Pommier arrivait avec sa quittance et la faisait financer.

Cette manœuvre, que M. Pommier et moi nous avons pratiquée jusqu’ici fort innocemment, est connue parmi les voleurs de Paris sous le nom de chaulage.

Je crois que nous devons y mettre un terme.