Prenez garde à votre édifice de gouvernement représentatif; il est,—comme disent les maçons, soufflé;—n’y mettez pas trop la truelle pour le réparer, parce qu’il tombera sur vous.

Les institutions politiques sont comme les vieux chênes,—elles se creusent au dedans, et il vient un moment où elles ont encore la forme, l’écorce et l’apparence, un moment où elles sont debout,—et où il ne faut pas grand’chose pour les abattre.

Si vous vouliez appeler réellement l’intelligence au pouvoir,—il ne faudrait pas seulement que les hommes intelligents fussent électeurs, il faudrait qu’ils fussent éligibles, et qu’ils le fussent seuls.—Je viens de vous dire ce que vous auriez d’impossibilités dans l’application.

A. M. GUIZOT.—M. Guizot a dit dans le débat relatif à la proposition Ducos: «Ce n’est pas un besoin réel du pays de se mêler ainsi aux affaires publiques, c’est une certaine démangeaison, une maladie de la peau.» L’histoire naturelle devra à M. Guizot la découverte de l’acarus de l’ambition,—qu’elle rangera à la suite de l’acarus de la gale.

M. de Lamartine, qui soutenait l’adjonction des capacités, parce qu’en effet il n’y a pas, en théorie, d’objection possible,—a trouvé peu parlementaire cette façon de dire à ses adversaires: Vous êtes des galeux, grattez-vous les uns les autres et laissez-nous tranquilles;» et il a dit en parlant de M. Guizot: «Je ne répéterai pas l’expression dont s’est servi M. le ministre.»

Je répondrai, moi, à M. Guizot: «Monsieur, vous avez parfaitement raison, c’est une démangeaison qu’ont aujourd’hui toutes les classes de la société;—mais vous l’avez eue aussi cette démangeaison, et vous vous êtes fait gratter par ces mêmes gens qui veulent que vous les grattiez aujourd’hui qu’ils ont gagné votre acarus en vous grattant.»

Sérieusement,—si les gens ont cette démangeaison, c’est vous autres, aujourd’hui au pouvoir, qui la leur avez donnée en les chatouillant pendant quinze ans.