De quelque euphémisme que s’avise le commis pour dire: «Vous n’êtes pas électeur,» il est impossible qu’on ne lui réponde pas: «Imbécile vous-même,» car sa réponse négative ne veut pas dire autre chose.

Et, c’est alors que vous verriez bien d’autres réclamations encore dans les journaux.

C’est alors qu’on lirait:—«Notre grand Aristide Bachault n’a pas été inscrit sur les listes électorales,—c’est ainsi que les gens qui nous gouvernent répudient toutes nos gloires! etc., etc.»

On constate facilement qu’un homme a cessé de payer le cens; mais comment constater d’une année à l’autre qu’il est devenu un peu plus bête, et comment surtout le lui faire comprendre et admettre?

«Mais, dit M. Ducos en m’interrompant, j’ai prévu toutes ces objections,—je fais représenter l’intelligence par la seconde liste du jury,—par les médecins, les avocats, etc., etc.»

Oh! oh! monsieur Ducos, les médecins! votre proposition est donc bien malade! les avocats,—n’en avez-vous donc pas assez à la Chambre, bon Dieu! et qu’en voulez-vous faire? ou plutôt, que voulez-vous qu’ils fassent de vous et de nous?

M. Ducos ne fait pas semblant d’entendre ce lazzi d’un goût médiocre, et il continue:

«Les citoyens qui ont assez de lumières pour décider, comme jurés, de la vie, de la fortune et de l’honneur de leurs compatriotes, n’en ont-ils pas assez?.....»

Pardon, monsieur Ducos, et qui vous dit qu’ils en ont assez pour décider de l’honneur et de la vie de leurs compatriotes?

Et d’ailleurs, l’intelligence, reconnue seulement dans certaines professions, n’est-ce pas encore un mensonge, et un faux semblant, et un privilége absurde?