»Agréez, monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

Alph. KARR.»

M. Alexandre Dumas, voyant que ce n’était pas encore son tour d’être de l’Académie, a dit en s’en retournant à Florence, où il demeure depuis quelque temps: «Je demande a être le quarantième,—mais il paraît qu’on veut me faire faire quarantaine.»

On a nommé,—comme nous l’avions annoncé à l’avance,—M. Pasquier et M. Ballanche.—Je me rends d’ordinaire peu volontiers complice des criailleries vulgaires;—mais, cette fois, je dois dire que je ne comprends pas l’étrange aplomb avec lequel l’Académie ouvre de si bonne grâce les bras d’un de ses fauteuils à un homme qui n’a jamais rien écrit; le pauvre M. Cuvillier-Fleury, obligé de faire, dans le Journal des Débats, l’éloge de M. Pasquier, s’est avisé de faire remonter sa gloire littéraire à Étienne Pasquier,—il ne nous dit pas qu’Étienne Pasquier, né à Paris en 1529, y est mort le 31 août 1615. Gloire, dit M. Cuvillier, discrettement cultivée par M. Pasquier le président.

La candidature de M. Pasquier a dû singulièrement encourager, sinon faire naître celle de M. Dubignac, qui a envoyé à chacun des membres de l’Institut les deux pièces authentiques et imprimées que voici:

«Monsieur, désireux d’avoir l’honneur de devenir membre de l’Académie française ou de l’Institut, et voulant vous épargner une visite de moins, que je regarde comme importune ou peu agréable, j’ai l’honneur de vous écrire et de vous adresser ci-joint l’analyse de mes ouvrages; daignez avoir la bonté de la lire, vous jugerez de leur utilité pour ma patrie; c’est pour éclairer votre religion et impartialité pour le choix d’un membre digne de l’Institut.

»Daignez agréer l’hommage de ma considération distinguée.

DUB.»