Il y a au Musée un portrait du roi Louis-Philippe,—que l’auteur, M. de Rudder, avait fait de son chef, sans en prévenir personne,—et d’après d’autres portraits.—M. de Cayeux offrit à l’artiste de lui obtenir du roi une ou deux séances pour arriver à une plus complète ressemblance.—Il est facile de voir, à l’aspect du portrait, que M. de Rudder a ajouté des cheveux blancs—qui ne se mêlent nullement aux autres.
Un jour que le roi donnait séance à M. de Rudder, il prit envie à Sa Majesté de faire le tour du Musée,—et elle pria M. de Rudder de l’accompagner avec M. de Cayeux, qui se trouvait là.
Pendant qu’on traversait les appartements, M. de Cayeux, qui aime beaucoup les conseils... quand il les donne,—avait pris M. de Rudder à part, et lui avait dit à voix basse: «Il y a une chose dont il faut que je vous avertisse: le roi n’aime pas qu’on soit trop près de lui,—restez un peu en arrière.»
M. de Rudder croit la chose et n’en demande pas davantage.
On arrive dans les galeries;—le roi tourne souvent la tête à droite et à gauche pour parler à M. de Rudder,—mais c’était M. Cayeux qui interceptait les questions et faisait les réponses.
Il faut dire que c’était un manége assez fatigant pour le roi, qui a la fâcheuse habitude de porter deux cravates fort serrées,—dont ses médecins ne peuvent pas obtenir de lui qu’il affranchisse son cou.
Enfin, Sa Majesté, impatientée de ne pas voir M. de Rudder, avec qui elle voulait causer, lui cria d’un peu loin: «Mais, monsieur, je vous en prie, venez à côté de moi!»
M. de Rudder obéit et resta près du roi, avec lequel il causa quelque temps.
Ce jour-là, du reste, une fenêtre tomba avec fracas aux pieds du roi pendant cette promenade.
Cette anecdote sur le roi,—M. de Rudder et M. de Cayeux,—nous amène naturellement au Musée.—Entrons au Musée.