Qu’est-ce que la peinture historique si elle n’ose pas poétiser un peu les figures? Pourquoi donner à Louis XVIII cet air de suisse d’église?—pourquoi avoir présenté de face un homme d’une grosseur extraordinaire qu’on pouvait dissimuler sans mensonge en changeant sa position? pourquoi faire la lumière de ce blanc pâteux?—la lumière se compose de toutes les couleurs.

En voyant ce tableau, M. Villemain a dit:

—Il faudra donner cinq cents francs à l’auteur.

—Mais, a répondu quelqu’un,—cinq cents francs! le cadre les vaut!

—Aussi est-ce en comptant le cadre, a répondu M. Villemain.

M. Lestang-Parade a à se reprocher une Bethsabée très-décolletée, dont la peau est couleur gorge de pigeon.

Au-dessus de la Bethsabée est un petit tableau de M. Wickemberg,—c’est un étang gelé, sur lequel des enfants jouent avec un traîneau; deux autres enfants apportent des fagots;—c’est d’une vérité charmante et d’un fini précieux. C’est une comparaison fâcheuse pour les glaces bleu de ciel de M. Biard.—Il n’y avait pas besoin d’aller en Laponie,—un baquet de blanchisseuse oublié dans une cour, une nuit de décembre, donne une glace de cette couleur.—Je ne pense pas qu’il y en ait ailleurs.

Au-dessous d’un Combat naval de M. Th. Gudin,—toujours dans le salon carré,—sont deux tableaux, grands comme des tabatières, et qui méritent l’attention,—un Fumeur, de M. Meissonnier, et surtout un Lièvre et une Perdrix, de M. Béranger.—Je ne pense pas que la peinture soit jamais allée plus loin comme imitation.