Il y a une impression que d’autres ont dû ressentir comme moi;—en tout cas la voici:

L’autre jour, je vis ouverte la partie de la galerie, séparée par un rideau, qui ne renferme que des tableaux des maîtres anciens;—j’y entrai et je sentis à l’instant même un grand calme dans tous mes sens.

Dans les galeries que je venais de quitter,—c’était à l’œil une confusion presque bruyante; la lumière, divisée violemment entre les tableaux qui se disputaient les rayons, s’éparpillait en tons durs et heurtés;—il semblait qu’elle fût mise au pillage,—et que toutes ces images, comme une peuplade d’Esquimaux, s’arrachassent les lambeaux de lumière, les rouges et les bleus les plus féroces.—C’était un charivari de couleurs,—un tintamarre de tons crus et hostiles.

Mais tout à coup succéda une harmonie calme et paisible; il semblait qu’on passât d’un cabaret en tumulte dans un salon de bonne compagnie.

J’y restai quelque temps pour me reposer, et je pris la fuite.

Qu’ai-je encore vu?—un turban dans une baignoire, par M. Court,—un paysage vrai, mais un peu commun, de M. Flers;—de bien jolis enfants de madame Boulanger;—un beau tableau par Troyon;—des marines très-estimables de M. Gilbert de Brest;—un gué de M. Loubon, vrai et d’une bonne couleur;—un joli tableau de mademoiselle Colin;—beaucoup d’ânes dont quelques-uns semblent peints par eux-mêmes, comme les Français de M. Curmer;—des bonshommes en fer-blanc par M. Hesse.

J’ai déjà parlé, il y a un an, de cette question des sucres qui cause aujourd’hui tant de rumeur;—je ne la mentionne aujourd’hui que parce qu’elle me rappelle une caricature faite sous l’Empire, à l’époque où Napoléon voulait absolument du sucre de n’importe quoi.