J’avertis—M. E. Marco—de Saint-Hilaire—qu’il y a dans la commune que j’habite un pêcheur qui lui fait une assez sérieuse concurrence.—Voici un souvenir intime de l’Empire—qu’il m’a conté l’autre jour, et qui ne le cède en rien à ceux de l’ancien page du palais:
—Eh bien, maître Vincent, lui dis-je, avons-nous quelque chose ce matin?
—Un peu de bouquet, me dit-il.
—Le vendez-vous bien?
—Mais, oui;—deux sous chaque.
—J’en ai vendu plus cher que ça.—C’était du temps de l’empereur;—je revenais de mon parc,—et l’empereur montait voir les phares avec toute l’armée et plusieurs officiers.
Comme je passais près de lui avec mes lanets et mes candelettes sur une épaule et une manne de bouquets sur l’autre,—quelques généraux s’arrêtèrent pour voir ce que je portais; l’empereur revint au galop pour voir ce que regardaient ses maréchaux.
—S.... n.. de D....—me dit-il,—qu’est-ce que tu portes là?