Le desservant était après cette lettre plus blanc que neige,—il n’avait pas même été accusé; c’était la vertu poussée au degré que César exigeait de sa femme.

Mais le malheureux curé, innocent aux yeux du monde, devenait par cela même coupable aux yeux de ses supérieurs—qui considèrent comme une rébellion ouverte son audace de demander un certificat d’innocence précisément au moment où on le punissait;—aussi M. Surgis, le même vicaire général, joignit-il au certificat la lettre que voici:

«Monsieur, le temps jusqu’à ce moment m’a à peu près manqué pour vous envoyer la pièce que vous avez demandée à S. A. E.; j’éprouve aussi quelque embarras, ne sachant trop comment formuler le certificat objet de vos désirs. Enfin, je vous l’envoie aujourd’hui et je souhaite qu’il remplisse vos vues.

»Je suppose que votre départ devant avoir lieu incessamment, et ne vous comptant plus vous-même comme faisant partie du clergé du diocèse de Rouen, vous avez déjà cessé toute espèce de fonctions ecclésiastiques, même de célébrer les saints mystères. Vous sentez qu’un certificat aussi extraordinaire que celui que vous sollicitez vous étant accordé, S. A. E. ne peut plus que vous plaindre et vous regarder comme étranger au sacerdoce,—et vous ne pouvez plus désormais dire la messe dans son diocèse.—Vous trouverez ci-inclus le certificat, comme j’ai cru devoir le faire pour suivre vos intentions.

»Recevez l’assurance, etc.

«Signé SURGIS.»

Ces deux pièces sont authentiques,—je les tiens dans les mains et je les copie.

M. le vicaire général Surgis me permettra de trouver sa lettre beaucoup plus extraordinaire que le certificat qui lui cause tant d’étonnement.

En effet, quel est ce certificat après lequel celui qui l’obtient ne peut plus dire la messe—ni faire partie du clergé du diocèse,—et cela d’une manière si évidente, que M. Surgis ne croit pas avoir à en donner de raison,—qu’il se contente de dire: «Vous sentez que vous devenez par ce certificat étranger au sacerdoce?»