Le desservant d’une pauvre commune qui ressort de l’archevêché de Rouen—s’est vu brusquement suspendu de ses fonctions,—sans qu’on lui en fît connaître la cause.
Les interprétations n’ont pas manqué,—et naturellement on n’a examiné les versions diverses que strictement le temps nécessaire pour adopter exclusivement les plus fâcheuses,—en quoi les gens se sont montrés fort ignorants de la discipline ecclésiastique.
Car ce n’est pas l’oubli des devoirs ni des serments que l’Église punit le plus sévèrement dans ses ministres, c’est l’indiscipline,—tout autre péché, quelque gros qu’il soit,—n’est qu’un péché véniel.
Les commandements de Dieu passent après les ordres de l’Église.
Il n’y a rien dans ce que je dis ici qui ait la moindre exagération;—ceux qui ont lu les Guêpes depuis bientôt trois ans,—et mes autres écrits depuis douze ans, savent que je n’ai jamais mêlé ma voix aux criailleries si à la mode contre les prêtres.
Notre desservant donc, lassé de voir son malheur aggravé de toutes sortes d’interprétations peu bienveillantes, s’est avisé de demander à l’archevêché une sorte de certificat de bonnes vie et mœurs;—il a paru désagréable et embarrassant aux vicaires de monseigneur de Croy d’avoir à donner un certificat favorable;—ils n’ont pas répondu;—le curé a insisté pour que son certificat lui fût envoyé ou pour qu’on lui accordât un refus motivé.
Enfin on s’est décidé, et voilà ce qu’il a reçu.
«Nous, soussigné, prêtre vicaire général de S. A. E. le cardinal prince de Croy, archevêque de Rouen, certifions que M*** a exercé pendant à peu près l’espace de douze ans les fonctions du ministère ecclésiastique en différents endroits et en différentes qualités, et que, pendant ce temps, il n’a jamais été accusé de mauvaises mœurs, ni connu pour avoir une conduite scandaleuse; le présent certificat lui a été accordé conforme à sa demande—pour lui servir et valoir ce que de droit.
«Rouen..... 1842.
«Signé SURGIS, vic. génér.»