—Qu’est-ce qu’on dit dans cette pièce?

—Je ne sais pas trop... je me rappelle seulement qu’il y a un vieux, au commencement, à qui on donne un soufflet.

—Ah! c’est le Cid.

—Oui, ça peut bien être ça... comment dites-vous? le Cid!—Pardon, avez-vous un morceau de papier, que j’écrive ça.—C—i—d—le Cid,—c’est bien ça.

L’éditeur d’une série d’ouvrages, sur divers sujets, a publié dans les journaux une annonce dans laquelle il proclame et les titres des ouvrages qu’il met en vente, et les noms des auteurs qui les ont composés;—ces noms sont au nombre de vingt ou vingt-cinq, et tous, moins un, sont écrits sans le M. dont on se sert pour les simples hommes.—Paul de Kock, Maurice Alhoy, Deyeux, Marco Saint Hilaire,—monsieur de Balzac,—etc.

M. de Balzac est, du reste, accoutumé à de pareilles distinctions.—Je me rappelle qu’il y a une huitaine d’années l’éditeur Werdet, avec lequel je me trouvais en relations,—m’annonça que M. de Balzac lui faisait l’honneur de dîner chez lui,—et voulut bien m’inviter à prendre ma part du festin et du spectacle de ce célèbre écrivain;—j’acceptai volontiers, et je trouvai là, en outre, Jules Sandeau et Michel Masson, qui étaient de mes amis, et M. Paul de Kock, que je ne connaissais pas plus que je ne connaissais alors l’auteur de la Vieille fille et d’Eugénie Grandet.

On était tous sur des chaises.—M. de Balzac seul, faute d’un trône, que probablement M. Werdet ne possédait pas dans son mobilier, était assis sur un fauteuil élevé—et mangeait dans un couvert de vermeil,—tandis que les autres n’avaient que des couverts d’argent. M. de Balzac ne manifesta ni le moindre étonnement ni le moindre embarras.

On lit dans le Moniteur: