M. LERMINIER.
1830 Démocrate assez farouche.
1840 Dévoué à la dynastie, nommé professeur.
1841 On lui jette des pommes cuites.
1842 Idem crues.
Dieu protége la France.
M. GANNERON.
1820 Épicier. Apporte à la chandelle de notables perfectionnements.
1832 Député, colonel de la deuxième légion.
1840 Écrit: «Plusieurs compagnies ont ouverTES des souscriptions.»
1841 Danse avec les filles du roi.
1842 Est mécontent.
Dieu protége la France.
M. JARS.
Est envoyé à la Chambre pour le maintien des droits et des
libertés de la France.
—Monte à la tribune et dit des douceurs à mademoiselle
Rachel.
—Le Moniteur est chargé de porter le poulet.
Dieu protége la France.
M. DOSNE.
1825 Reçoit gratuitement une charge d’agent de change de la
duchesse d’Angoulême.
1840 Parie à la Bourse contre la politique de son gendre.—S’en
retourne à Lille.
Dieu protége la France.
M. L’HERBETTE.
1839 Se coupe les cheveux en brosse.
1840 Demande à la Chambre des députés que les femmes de
lettres puissent écrire malgré leurs maris.
Dieu protége la France.
M. INGRES.
1828 Supprime le rouge.
1832 Nettoie sa palette du jaune.
1841 Ne sait pas où Dieu avait la tête quand il a mis tant de
vert dans la nature.
Dieu protége la France.
M. BOILAY.
1839 Est inventé par M. Thiers.
1841 Passe à M. Guizot.
1842 Est mis à Charenton.
Dieu protége la France.
M. DUVERGIER DE HAURANNE.
1828 Fait des vaudevilles.
1829 La fameuse chanson de la redingote; après la révolution
de Juillet, se donne à M. Guizot.
1840 Passe à M. Thiers.
Dieu protége la France.
M. DE RAMBUTEAU.
1837 Prononce le fameux discours: «Les habitants de Paris
sont mes enfants.—C’est les pauvres qu’est les aînés.»
1838 Reprononce le fameux discours.
1839 Prononce le discours où il appelle donataire celui qui
donne.
1840-41-42 Fait paver la rue Vivienne perpétuellement.
Dieu protége la France.
M. CHAMBOLLE.
1840 S’en va-t-en guerre.—Le 25 août 1840,—imprime
que M. de Lamartine est un niais.
Dieu protége la France.
M. ÉTIENNE.
Fait des vaudevilles et des chansons bachiques; est reçu
membre du Caveau et de plusieurs sociétés buvantes et chantantes.
Est nommé pair de France.
Trouve mauvais qu’un poëte (M. de Lamartine) se mêle de
politique.
Écrit: «C’est avec une plume trempée dans notre cœur.»
Dieu protége la France.
M. COUSIN.
1815 Baise la botte de l’empereur de Russie.
Dit à M. Molé, à la Chambre des pairs: «Je vous donne
un démenti.»
1840 Cire les souliers de M. Thiers.
Se lave les mains.
Laisse tomber la littérature en quenouille.
1841 Refuse un titre vain.
Dieu protége la France.
M. DUPIN L’AINÉ.
1830 A très-peur.
1835 Insulte M. Clauzel.—M. Clauzel demande raison.—Me
Dupin s’excuse.—Fait trois discours contre le
duel.
Est très-audacieux.—Son audace n’effraye que lui.—Il
va le soir en demander pardon au château.
Dieu protége la France.
M. ENFANTIN.
1827 Invente un nouveau bleu pour le billard.
1828 Rend un point au garçon de billard du Grand-Balcon.
1830 Se déclare dieu.
1840 Découvre un nouveau crapaud.
Dieu protége la France.
M. ENOUF.
1826 Elève des veaux à Carentan.
1838 Fait à la Chambre une proposition hardie qui n’est pas
appuyée;—à savoir: de ne parler pas plus de quatre
à la fois.
Dieu protége la France.
M. VIVIEN.
1828 Ecrit le Code des théâtres et le Mercure des salons,—journal
des modes.
—Est ministre après la révolution de Juillet.
Dieu protége la France.
M. AUGUIS.
1832 Fait mettre une paire de manches à son habit vert.
1833 Fait retourner ledit habit.
1835 Le donne à son portier.
1837 Le reprend à son portier pour ses étrennes.
1840 Y fait mettre des pans neufs.
1841 Y fait mettre des boutons.
Dieu protége la France.
M. ROSSI.
En 17»» naît Autrichien.
En 1808 devient Français.
En 1812—Italien.
1814—Napolitain.
1820—Genevois.
1830—Refrançais.
Dieu protége la France.
M. ARAGO.
18»» Annonce que des étoiles fileront, les étoiles ne filent pas.
1840 Dîne beaucoup à Perpignan.
Dieu protége la France.
DROIT DE PÉTITION.
1828 Les garçons de bureau vendent les pétitions à la livre.
1842 Les garçons de bureau vendent les pétitions au kilogramme.
Dieu protége la France.
M. L’HÉRAULT.
Est envoyé à la Chambre pour le maintien des droits et des
libertés de la France.
Il porte une redingote gris-crapaud.
Dieu protége la France.
JOURNAL DES DÉBATS.
Epouse successivement et non sans dot les intérêts de tous les
gouvernements, prouve qu’il n’a jamais varié dans ses opinions
et qu’il a été de tout temps pour le gouvernement actuel.
Conseille aux pauvres de mettre à la Caisse d’épargne.
Dieu protége la France.
M. DE BALZAC.
Se livre à diverses incarnations comme Vichnou.
—Imprimeur.
—Viellerglé.
—Horace de Saint-Aubin.
—Balzac.
—De Balzac.
—Le plus fécond de nos romanciers.
—Cultive des ananas.
—Défend Peytel, qui lui pardonne en mourant.
—Tombe du théâtre, et se remet à faire de beaux romans.
Dieu protége la France.
M. TASCHEREAU.
1839 Dit: «Oh! oh!»
1840 «Allons donc!»
1841 «La clôture!»
1842 «L’appel nominal!!!»
Dieu protége la France.
M. TROGNON.
Est nommé professeur du duc de Joinville.
1833 Son élève le force de s’habiller en Turc.
1840 Le fait mettre à terre à l’île de Wight, parce que sa figure
attristait un bal que le prince donnait sur son
vaisseau.
Dieu protége la France.
M. D’HAUBERSAERT.
1830 Il avait le nez couleur cerise.
1833 cramoisi.
1835 ponceau.
1840 écarlate.
1842 Beaucoup plus rouge qu’en 1840.
Dieu protége la France.
M. BAZIN DE ROCOU.
Manifeste l’intention d’écrire plusieurs ouvrages.
Est nommé par le roi chevalier de la Légion d’honneur.
Dieu protége la France.
M. LEDRU-ROLLIN.
—Achète un privilége trois cent trente mille francs.
—Fait un discours contre les priviléges.
1840 Se présente comme candidat dynastique.
1842 Se présente comme candidat républicain.
Dieu protége la France.
M. AMILHAU.
1820 Conspire.
1840 Juge les conspirateurs.
Dieu protége la France.
M. CHAPUYS DE MONTLAVILLE.
1840 Ne salue pas la reine.
1841 Fait son grand discours contre les épingles de la duchesse
d’Orléans.
—Demande une réduction de huit cent mille francs sur un
article de cent quarante mille.
1842 Découvre qu’un greffier de justice de paix grève le Trésor
de cinquante francs par an.
Dieu protége la France.
S. M. LOUIS-PHILIPPE.
1842, 20 février. Vend les premiers haricots verts de l’année.
Dieu protége la France.
M. COULMAN.
—Se présente aux Tuileries fort mal vêtu.
Demande si on le prend pour un marquis.
Dieu protége la France.
LE PETIT MARTIN.
Origine de sa grandeur.—Il a un pouce de moins que
M. Thiers.
Il fait les commissions.
Il entre au conseil d’Etat.
Dieu protége la France.
LE DANDYSME.
Enrichit la langue française des mots: «deat heat,—stagss
hund,—joal stalkes,—comfort,—stud book,—new betting
room stakes,—two years old stakes,—sport,—sportmen,—sportwomen,—gentlemen
riders,—turf,—sport,—steeple
chase, etc.»
—En 1839 invente les gilets trop courts.
Dieu protége la France.
MADAME DAURIAT.
A neuf ans commence à fumer des cigares.
A quarante ans se déclare contre un gouvernement sous lequel
on n’est plus jeune.
Prêche publiquement la liberté de la femme.
Demande à être députée.
Laisse croître sa barbe.
Dieu protége la France.
M. LEBŒUF.
Fait la banque à Fontainebleau.—Donne sa voix en échange
d’une invitation aux bals de la cour pour madame Lebœuf.
Dieu protége la France.
LES TAILLEURS.
1831 Demandent des droits politiques.
1838 Se prononcent pour le sans-culottisme avec une touchante
abnégation.
1840 Veulent fumer en travaillant.
Dieu protége la France.
M. GANNAL.
Veut empailler les cendres de l’empereur.
—Écrit clandestinement sur les pierres tumulaires à la suite
des vertus des défunts: «Empaillé par M. Gannal.»
—Un de ses élèves empaille les côtelettes et les petits pois—qui
seront mangés par nos descendants.—Nous pouvons
aujourd’hui faire à dîner pour nos arrière-neveux.
Dieu protége la France.
LE COURRIER FRANÇAIS.
1840 Veut qu’on chasse à coups de pieds le roi de Sardaigne.
1842 Pense que le roi de Sardaigne est un grand prince,—puisqu’il
a su apprécier mademoiselle Fitz-James.
Dieu protége la France.
LA SCIENCE.
On s’obstine à nourrir de gélatine les malades des hôpitaux
qui s’obstinent à en mourir de faim.
On découvre un nouveau cerfeuil vénéneux.
On attaque la pyrale, insecte qui nuit à la vigne, au moyen
d’une composition qui détruit les ceps—et brûle les mains qui
l’emploient.
Le gaz éclate.
Les chemins de fer causent d’horribles catastrophes.
On propose d’employer la vapeur et les rails à marcher plus
lentement qu’un fiacre sur le pavé.
Dieu protége la France.
JUSTICE.
Une douzaine d’empoisonneurs, d’assassins, de parricides,
éprouvent chaque année l’indulgence du jury.
Ces encouragements réussissent autant qu’on devait s’y attendre.
Dieu protége la France.
M. FLOURENS.
Élève des canards.
Est élu membre de l’Académie française.
Dieu protége la France.
On voit que, malgré quelques inconvénients, ce système monétaire n’est pas sans agréments.—Je joins ma voix à celle de la plupart des journaux pour conseiller au ministère d’en user; on dit que cela coûtera cher et que chaque pièce de deux sous reviendra à cinq cents francs.—Mais cela fera une galerie curieuse, et il faudrait, pour s’en priver, n’avoir pas une centaine de millions dans la poche des autres.
Le Journal des Débats avait à rendre compte d’un ouvrage où il est question de quelques dieux qui se sont révélés à la France dans ces dernières années,—entre autres de Fourier et du père Enfantin,—le Journal des Débats s’est trouvé un peu embarrassé;—il a attaché à sa rédaction trois ou quatre saint-simoniens;—qu’est-il arrivé de là?—Fourier, qui n’aurait eu que six colonnes tout au plus d’amertumes et de sarcasmes sur les douze colonnes du feuilleton, a empoché en outre la part de facéties et de reproches à laquelle avait droit le saint-simonisme, dont l’article ne dit pas un mot.
Dans plusieurs départements, le ciel s’est fait d’airain, les nuages ne laissent pas échapper une goutte d’eau;—quelques personnes,—frappées du bouleversement qui a eu lieu depuis quelques années dans l’ordre des saisons,—veulent s’en prendre à M. Arago.
Voici leurs raisons:
Il y a des artisans qui mettent sur leur enseigne: fait tout ce qui concerne son état.
Il serait à désirer que ce principe,—et la négation qui en est le corollaire obligé, reçût son application dans toutes les positions sociales.—On verrait beaucoup mieux aller l’état particulier dont chacun s’occuperait, et ainsi l’état en général, dont chacun ne s’occuperait pas.
Malheureusement beaucoup de gens semblent avoir adopté aujourd’hui une enseigne contraire: