FAIT TOUT CE QUI CONCERNE L’ÉTAT DES AUTRES.

On en voit surtout de fréquents exemples à la Chambre des députés.

Entre autres, M. Arago.—M. Arago est un savant célèbre; pendant longtemps, on s’est habitué à n’avoir chaud ou froid en France que sur l’avis de M. Arago. Les journaux considéraient M. Arago comme un capucin hygromètre; on disait: M. Arago a ôté ou a remis son capuchon,—c’est-à-dire il fait beau ou il pleut.

En ce temps-là, les affaires du ciel allaient on ne peut mieux.—La nuit succédait au jour régulièrement et le jour à la nuit,—et l’on savait gré à M. Arago;—l’année avait ses cinquante-deux dimanches, et l’on disait: «Cet excellent M. Arago!»

Pour les affaires de la terre, elles allaient comme elles ont toujours été et comme elles iront toujours:—fort mal pour le plus grand nombre,—au bénéfice de quelques-uns.

Mais voici qu’un jour M. Arago se laissa choir dans le puits des affaires politiques,—qu’il se fit député et grand citoyen.

De ce jour, les affaires de la terre se mirent à aller absolument comme elles allaient auparavant;—pour les affaires du ciel, ce fut autre chose: l’anarchie se mit dans les astres;—la voix même de M. Arago ne fut plus écoutée:—M. Arago avait dit: «Les étoiles fileront.»

Et les étoiles ne filèrent pas:—il y eut au ciel des étoiles intelligentes,—comme sur terre des baïonnettes intelligentes;—il pleut l’hiver, il ne pleut pas l’été;—il fait chaud en février et froid en mai; enfin, on s’attend à voir arriver, d’un moment à l’autre, la fameuse semaine des trois jeudis, tant prédite par les prophètes.

Voilà sur quoi se fondent les personnes qui veulent s’en prendre à M. Arago de ce qu’il ne pleut pas.