A force de récriminations, il est et il demeure avéré que tous les ministres que nous avons eus depuis douze ans—se sont au moins laissé jouer par l’Angleterre, et que quelques-uns en vue de la traite,—d’autres en vue de l’alliance anglaise,—quelques autres par pusillanimité,—tous ont plus ou moins consenti au droit de visite qui institue les Anglais commissaires de police des mers. Le soin que les ministres, ceux d’aujourd’hui et ceux qui les ont précédés, prennent de se rejeter la chose les uns sur les autres, montre au moins qu’ils reconnaissent unanimement que l’état de choses actuel ne peut durer,—que ratifier le traité serait une lâcheté,—que, si la France ne veut pas que les vaisseaux fassent la traite, c’est elle seule qui surveillera l’exécution des lois qu’elle s’impose à elle-même et qu’elle seule a le droit de s’imposer.
Je vous l’ai déjà dit: il ne faut pas jouer avec l’orgueil national; la Chambre des députés a voté un supplément de fonds pour la marine,—c’est une bonne et sage manifestation;—tenez-vous pour avertis,—car cette guerre que vous redoutez trop,—vous l’aurez par les moyens mêmes que vous employez pour l’éviter; peut-être, au moment où j’écris ces lignes, commence-t-elle par un coup de poing entre deux matelots.
Juillet 1842.
Dédicace à la reine Pomaré.—Dissertation sur les tabatières.—La cuisine électorale.—Am Rauchen.
Pourquoi et comment ce numéro est offert et dédié à la reine Pomaré, et ce que c’est que la reine Pomaré.—Une digression peu étendue au sujet de MM. Hatstard, Piati, Mamoi, Priter et Tate.—A une date récente, on lit dans le Journal d’Anvers—que S. M. Pomaré, reine d’Otaïti,—par l’organe de ses ministres;
Hatstard, président du conseil et ministre des relations extérieures;
Piati, secrétaire d’État au département de l’instruction publique;
Mamoi, ministre de la justice et des cultes;
Priter, ministre de la guerre;