Dieu t’a jeté dans la vie et t’a renfermé dans des limites infranchissables;—ta chaîne te permet de cueillir quelques fleurs à droite et à gauche et de te piquer les doigts à leurs épines, mais il ne t’en faut pas moins parcourir la même route que ceux qui t’ont précédé et ceux qui te suivront;—il te faut mettre tes pieds dans l’empreinte de leurs pieds.
Toi-même tu es en Dieu,—mais tu es moins que n’est un grain de sable dans la mer.
Et cependant te figures-tu ce que serait la révolte d’un grain de sable—dans les profondeurs de l’Océan?
Les femmes n’aiment réellement que les hommes qui sont plus forts qu’elles.
Car, si leur plaisir le plus vif est de plaire et de commander,—leur bonheur est d’aimer et d’obéir.
En général, les rêveries des femmes ne sortent guère des espaces réels;—il faut que toute idée puisse se traduire à leurs yeux par une forme visible.—Pour les conduire au ciel, Dieu doit faire la moitié du chemin;—leur religion est l’amour pour un Dieu fait homme.
Il ne faut croire l’indulgence des gens que lorsqu’elle s’exerce dans les choses qui leur sont personnelles.—Tel homme se prend de pitié pour un empoisonneur,—pour un assassin,—vous le croyez indulgent;—attendez pour le juger qu’on lui marche sur le pied dans une foule,—ou qu’on casse par maladresse—une de ses tasses du Japon.
La lune montait au ciel derrière les peupliers,—un rossignol fit entendre ces trois sons graves et pleins sur la même note,—prélude ordinaire de son hymne à la nuit et à l’amour.