On peut dire pour le duc de Nemours—qu’il s’est bien battu en Afrique,—que c’est un caractère ferme et froid,—que la régence est une royauté provisoire, qu’une des lois fondamentales du royaume exclut les femmes du trône,—que d’ailleurs, à l’époque où nous vivons, il peut arriver qu’il y ait besoin, chez le régent, des qualités que la plus noble des femmes n’est pas forcée d’avoir.
On peut dire pour la duchesse d’Orléans—que, à tort ou à raison,—le duc de Nemours n’est pas populaire,—que cette impopularité vient en partie de cette malheureuse dotation qu’on a eu la sottise de demander pour lui,—ce qui est cause qu’il s’est répandu dans le public plusieurs centaines de phrases toutes faites contre lui.
Et on ne sait pas avec quelle facilité le gros du public adopte d’abord les phrases, puis ensuite les sentiments qu’elles expriment.
On pourrait dire—qu’il ne serait peut-être pas d’une mauvaise politique—que le régent fût dans une position à ne pouvoir être roi dans aucun cas; de telle façon que le roi mineur fût pour lui un pupille et non une barrière.
On pourrait encore faire une longue énumération des brillantes et solides qualités que reconnaissent à la duchesse d’Orléans—ceux qui l’ont approchée.
Pour moi, j’ai sur la régence l’opinion que j’ai sur la royauté: nommez n’importe qui,—pourvu que ce soit d’une manière stable;—faites une loi sérieuse,—une loi fondamentale que vous n’ayez pas besoin de rapiécer, de ressemeler à chaque événement imprévu,—et réellement je trouve qu’il ne devrait pas y avoir autant d’événements imprévus pour près de cinq cents que vous êtes qui devez les prévoir.