Les journaux du ministère commencèrent à demander, de leur côté, la régence pour M. le duc de Nemours.
C’était justement tomber dans l’écueil où voulaient les amener leurs ennemis.
Ils se ravisèrent et demandèrent la régence pour le plus proche parent ascendant mâle du roi mineur,—c’est encore le duc Nemours;—mais c’est en même temps un principe et une loi fondamentale.—Il est déjà assez honteux pour quatre cent cinquante législateurs de n’avoir pas prévu le cas d’une minorité et d’une régence, sans que lesdits quatre cent cinquante législateurs hésitent à en faire une quand la nécessité le commande.
Les journaux de l’opposition avaient crié très-fort quand le duc d’Orléans avait épousé une luthérienne,—ce qui ne les avait pas empêchés dans le temps de soutenir l’élection de M. Fould par cette raison remarquable qu’il fallait bien avoir un juif à la Chambre,—ce qui amènerait un jour à dire: «Il faut bien qu’il y ait un ferblantier au Palais-Bourbon,» s’il n’y en avait déjà plusieurs.
Lesdits journaux demandèrent alors la régence pour la duchesse d’Orléans.
Cette tendresse subite ne voulait pas dire autre chose que l’espoir de voir des troubles plus faciles sous l’administration d’une femme.
C’est un procès qui peut honnêtement se plaider,—car les raisons pour chacun des deux prétendants peuvent se balancer.