On a vu que le roi Louis-Philippe a soixante-dix ans et que son successeur n’a pas encore quatre ans.
Et on a compté tout ce qu’entre ces deux règnes il peut tenir de troubles, de désordres et de malheurs.
Après ce moment de stupeur—les avidités, les rapacités ardentes des partis se sont ranimées.—Le duc d’Orléans n’était pas encore enterré—que chaque parti a voulu tirer avantage de sa mort.
L’opposition s’en est servie d’argument contre M. Guizot:—M. Guizot s’en est servi d’argument contre l’opposition.
M. Guizot a fait venir le roi à la Chambre des députés;—il ne lui a pas laissé le temps d’être père quelques jours au milieu de sa famille; et l’a forcé de reprendre son rôle de roi; il était trop tôt;—cet homme,—éprouvé par des fortunes si diverses, auquel ses ennemis les plus acharnés n’ont pu refuser le courage et la fermeté,—n’a pu jouer, au bénéfice de M. Guizot, son rôle jusqu’au bout; il a pleuré devant les envoyés de la nation.
Les uns ont dit: «Le duc d’Orléans est mort, donc il faut renvoyer M. Guizot.»
Les autres: «Le duc d’Orléans est mort, donc il faut garder M. Guizot.»
Le raisonnement des uns était aussi insolemment absurde que celui des autres.
Puis vint la question de la régence.—Les journaux de l’opposition demandèrent une loi spéciale, personnelle et provisoire,—c’est-à-dire un petit nid à débats, à troubles et à émeutes.