Beaux acacias, dont les panaches verts s’étendent sur nos têtes, secouez vos grappes de fleurs blanches,—arrosez la terre de vos douces odeurs.
Août 1842.
Mort du duc d’Orléans.—La Régence.—Le duc de Nemours et la duchesse d’Orléans.—M. Guizot.—Un curé de trop.—Humbles remontrances à monseigneur Blancart de Bailleul.—Un violon de Stra, dit Varius.—Fragilité des douleurs humaines.—Sur les domestiques.—Correspondance.—M. Dormeuil.—Une foule d’autres choses.—M. Simonet.—Une Société en commandite.—Quelques annonces.—M. Trognon. M. Barbet.—M. Martin.—M. Poulle.—M. Pierrot.—M. Lebœuf.—M. Michel (de Bourges).—M. Dupont (de l’Eure).—M. Boulay (de la Meurthe).—M. Martin (du Nord), etc.—Am Rauchen.—Wergiss-mein-nicht.
Le 13 juillet 1842, le duc d’Orléans allant à Neuilly—a été jeté hors de sa voiture par des chevaux emportés.—Il est tombé sur les pavés de la route—qui lui ont brisé la tête en plusieurs parties. Il est mort à quatre heures du soir,—sans avoir repris connaissance, dans une pauvre boutique d’épicier.—Le roi et la reine, qui étaient accourus, ont suivi le corps de leur fils porté par les soldats, sur un brancard.
Toute la France a compris cette immense douleur et l’a respectée.—Tout le monde a été frappé à la fois de compassion et de respect—en voyant que, de toutes les grandeurs qui séparent des autres la famille royale, il n’y en a qu’une seule qu’on lui ait laissée;—qu’elle ne dépasse aujourd’hui le commun des hommes que par la grandeur de ses misères et de son affliction.
Beaucoup de gens ne se souciaient guère des attaques au trône, à la couronne, à la pourpre,—et à cent autres métaphores, qui ont senti ce coup qui s’adressait au cœur—et qui en ont tressailli.—Un roi avait paru quelque chose d’autre qu’eux-mêmes, qui n’a ni les mêmes joies, ni les mêmes douleurs; mais alors, en pensant au roi, à la reine, à la duchesse d’Orléans, on a dit: «Pauvre père! pauvre mère! pauvre femme!» et on a compris, et on a pleuré avec eux.
On parlait surtout de la reine, qui avait à creuser dans son cœur une nouvelle tombe à côté de celle de sa fille Marie;—de la reine—qui, dans la partie politique qui se joue depuis tant d’années, a vu mettre en jeu si souvent déjà la vie de tous ceux qu’elle aime,—et qui croyait les avoir regagnés et rachetés, tant elle avait craint, pleuré et prié pour eux.—On a compté les épines qui forment les fleurons de sa couronne royale.
Puis, quand le duc d’Orléans a été mort—tout le monde a vu ce que presque personne n’avait songé à remarquer auparavant: c’est que c’était un des hommes les plus distingués de ce temps-ci; on a vu qu’il tenait, par des liens qu’on n’a sentis que lorsqu’ils se sont rompus, à tout ce qui a de la vie, de la force et de la jeunesse en France.
On a vu que son absence laissait un vide, et, en regardant autour de soi parmi les grands hommes que les journaux inventent et annoncent pêle-mêle avec les pommades pour teindre les cheveux, et l’eau pour détruire les punaises,—on a vu que parmi ces héros de réclame—il n’y avait personne pour remplacer le prince mort.
Puis ensuite on a songé aux conséquences politiques de ce triste événement.