Mais cela est si bête, que j’aurais honte d’en parler si je ne rencontrais à chaque instant des gens qui récitent les phrases que font les journaux à ce sujet, et s’indignent d’après eux contre les soldats.

Il est évident qu’une fois l’affaire engagée les soldats ne peuvent manquer de commettre des excès;—mais les victimes de semblables accidents ne pourraient-elles pas s’en prendre moins aux soldats qu’aux gens qui, dans l’intérêt d’hypocrites ambitions, tiennent depuis dix ans la France en état de guerre civile permanente,—et, par des prédications insensées, des théories captieuses,—mettent à chaque instant aux Français les armes à la main contre d’autres Français?

Messieurs,—vous qui vous prétendez mus par l’amour du peuple,—n’avez-vous pas de remords quand vous comptez combien,—par vos conseils et vos préceptes,—vous avez envoyé déjà de pauvres ouvriers au cimetière et en prison?

Et vous qui vous dites de si grands politiques,—ne voyez-vous pas, quand vous félicitez le peuple—de ce que force lui est restée,—que vous justifiez d’avance tout succès dû à la force, et que vous perdez le droit de blâmer une revanche si le pouvoir s’avisait d’en vouloir prendre une?

LES ANGLAIS.—Je ne sais rien de ridicule comme ces injures de nation à nation,—comme ces épithètes qui s’appliquent à un peuple tout entier,—comme si tous les hommes d’un pays étaient faits exactement sur le même modèle;—comme si les qualités et les vices étaient soumis à la surveillance de la douane et ne dépassaient pas les frontières.

Aussi, en lisant les injures adressées récemment par un ministre anglais à la nation française,—n’ai-je recueilli que malgré moi ce mot qui m’a été arraché par l’orgueil de l’insulaire: