Chaque jour, à Paris, de semblables délits sont punis par de semblables peines,—ce qui est loin de les réprimer:—les boulangers qui vendent le pain à faux poids—en sont quittes pour cinq francs d’amende—et un ou deux jours de prison,—tandis que le malheureux qui,—poussé par la faim,—leur déroberait, la nuit, un pain d’un sou en cassant un carreau,—pourrait être condamné au moins à un an de prison.

Il semble nécessaire—de revenir sur un pareil ordre de choses.—Le vol du boulanger doit être puni au moins comme tout autre vol.

Pourquoi—ne ferait-on pas peindre sur l’enseigne du boulanger pris en fraude, au-dessus de sa boutique,—pendant un temps fixé par le tribunal, selon la gravité du délit, au lieu de: «Un tel, boulanger,

«UN TEL, VOLEUR.»

Ou, encore, pourquoi ne fermerait-on pas sa boutique pendant quelques jours,—en faisant écrire sur les volets fermés: «Boutique fermée pour tant de jours—pour vol—et vente à faux poids

Ah! si la justice n’était pas forcée de se renfermer dans ses pauvres quatre millions cinq cent soixante et onze mille trois cent vingt-cinq francs!

AUTRE EXEMPLE.—A Tulle, un directeur des postes et un gendarme arrêtent un voyageur,—lui prennent de force son portefeuille—pour y chercher des lettres,—sous prétexte qu’il est en contravention à la loi sur le transport des lettres.

Le voyageur est traduit en justice;—le tribunal déclare que la saisie faite sur lui est illégale—et le renvoie de la plainte.

—Oh! très-bien!