Plusieurs accidents de ce genre arrivent chaque année à Paris.
On ne saurait compter ceux qui arrivent dans les campagnes.
Si j’écrivais ici que le gouvernement menace l’indépendance d’un commis surnuméraire dans l’administration des tabacs,—on ferait attention à ma réclamation;—les journaux s’en empareraient—et feraient beaucoup de tapage,—tandis que ce sera grand hasard si quelqu’un s’avise de lire ces pages.
Il faudrait cependant prendre une mesure universelle et énergique.
Il faudrait d’abord dans chaque ville, comme dans chaque bourg,—qu’on fixât—un espace de temps (une semaine ou davantage si c’est nécessaire)—pendant lequel les propriétaires de chiens seraient tenus de les renfermer chez eux.—On profiterait de cet espace pour faire abattre sans exception tous ceux qu’on trouverait dehors.
Ensuite,—on exigerait de ceux qui veulent garder des chiens d’en faire une déclaration à la police et de leur mettre au cou—un collier poinçonné portant leur nom et leur adresse.
Tout propriétaire de chien aurait ainsi une responsabilité qu’il ne pourrait éluder, si l’on prenait cependant deux précautions.
La première, de ne pas punir l’infraction à l’ordonnance de cinq on de dix francs d’amende,—comme on fait en d’autres cas, mais de cinq cents à mille francs,—en y ajoutant un emprisonnement de trois à six mois.
La seconde, de condamner à une peine très-forte et très-redoutable—tout propriétaire de chien—qui, devenant hydrophobe,—causerait des accidents.