Vous voilà donc enfin à l’Académie!—Vous y êtes entré comme le fils de Philippe de Macédoine entra à Babylone. Mais ne vous semblerait-il pas singulier de lire dans son historien, Quinte-Curce, qu’Alexandre ne demanda, pour prix de ses victoires, que d’être nommé citoyen de la ville de Darius?
Ne vous êtes-vous pas un peu laissé faire—ce que le père Loriquet, e societate Jesu, voulait faire de Napoléon, que, dans son Histoire de France, il appelait le marquis de Buonaparte, général en chef des armées de Louis XVIII?
Je lisais dernièrement un des romans de Walter Scott, intitulé le Pirate: c’est l’histoire de Clémont Vaughan, qui, après avoir été pendant plusieurs années le chef d’une troupe déterminée—et le maître d’une frégate au redoutable pavillon noir,—s’amende à la fin et devient officier sur un vaisseau de Sa Majesté, où ses supérieurs sont fort contents de lui.
Je regardais l’autre jour sur une feuille d’un rosier planté au bord d’un ruisseau—une goutte de pluie plus brillante qu’une opale;—tout à coup elle roula tout le long de la feuille, et tomba dans l’eau du ruisseau, où elle se perdit.
C’est par l’individualité que charme un poëte; vous étiez un tout,—pourquoi devenir une partie?
Il y a un grand nombre de pierres à la base d’une pyramide; il n’y en a qu’une au sommet.
Le rossignol chante seul dans les buissons en fleurs;—les oies volent en troupes.
Vous êtes entré à l’Académie en en enfonçant les portes;—en vain vous avez caché votre triomphe,—en vain vous avez pris une allure modeste et hypocrite:—vos confrères malgré eux—ont fait comme les vieilles femmes d’une ville prise d’assaut:—elles jettent du haut des fenêtres, sur la tête de l’ennemi, tous leurs ustensiles de ménage.
Ce n’était vraiment pas la peine de se faire Victor Hugo—pour devenir l’un des quarante.
Mon pauvre Victor,—vous voici donc enfin l’égal de M. Flourens!—tout le monde dit maintenant que vous voulez devenir député, c’est-à-dire un des quatre cent cinquante.