Il peut paraître singulier en effet de comparer la magistrature au théâtre,—ce que l’on peut oser aujourd’hui que les comédiens sont reçus dans la société et y sont recherchés et prisés au moins à l’égal de tout le monde.

Un juge d’instruction reçoit quinze cents francs par an.

Un conseiller de cour royale trois mille francs.

Un président trois mille huit cents.

Et ces pauvres magistrats, obligés à une représentation convenable,—ne pouvant se livrer à aucune industrie, à aucun trafic, à aucun commerce, vivent dans la gêne; disons le mot, dans la pauvreté.

Voici, de ce que nous avançons, un exemple d’hier:

Il y a des comédiens qui n’ont pour tout talent qu’une infirmité ou une défectuosité.

Ils me rappellent ce saltimbanque qui, dans un tour d’équilibre, laisse tomber son enfant sur le pavé et lui casse une jambe: «Ah! maintenant, dit-il, tu as un bon état dans les mains,—tu te feras mendiant.»

Ainsi, Odry a l’air bête, Arnal a l’air sot, Alcide Tousez a l’air niais!—ôtez-leur cet air-là: ils sont ruinés.

M. Arnal plaidait l’autre jour pour faire rompre un engagement qui ne lui donnait que vingt-quatre mille francs par an, plus vingt francs par jour.