Eh bien! si, au lieu de paraître au tribunal de commerce, il se fût trouvé devant des juges ordinaires, on eût vu des magistrats, dont le plus cher payé ne reçoit pas quatre mille francs par an, invités à déclarer que trente et quelques mille francs ne payent pas suffisamment M. Arnal.

Joignez,—comme on veut absolument le faire de ce temps-ci,—de la considération à ces appointements exorbitants, les magistrats envieront les comédiens,—n’auront aucune raison, pour ne pas exploiter comme eux les négligences que la nature peut avoir commises en les créant, et voudront monter sur le théâtre.—Qui les remplacera?—Ce ne seront certes pas les acteurs,—ils ne le voudraient pas.

ADULTÈRE.—Les peines infligées à la femme adultère—ont singulièrement varié jusqu’à nos jours.

Les Locriens—lui arrachaient les yeux.—La loi de Moïse la condamnait à mort.—Chez les anciens Saxons, on la pendait et on la brûlait.—Le roi Canut, chez les Anglais,—ordonna que la femme adultère eût les oreilles coupées.—Chez les Égyptiens, on lui coupait le nez.—Par la loi Julia, chez les Romains, on lui coupait la tête.—En Crête, on l’obligeait à porter une couronne de laine et on la faisait esclave.

Aujourd’hui, en France, quand une femme est surprise en adultère, on se moque de son mari.

AUSTÈRE.—Austérité.—Quand un parti est obligé d’accepter, pour faire nombre,—quelque allié d’une stupidité proverbiale,—qui n’a ni talent, ni caractère,—on dit de lui qu’il est austère ou vertueux. (Voir BONNE, une bonne personne.)

Être austère n’engage absolument à rien;—j’en sais des plus austères dont un mineur n’avouerait pas les fredaines.—Je connais un vertueux personnage politique qui a pour spécialité—de boire douze verres de vin de Champagne pendant que minuit sonne à une horloge.