Janvier 1843.

JANVIER.—On sème sur couche et sous châssis les radis, la laitue et le cresson.—On continue à récolter le produit des tendresses, des soins, des bassesses semés dans la seconde quinzaine de décembre.—Arrivée de beaucoup d’oies et de très-peu de cygnes.—Ouverture de la session des Chambres.—Les avocats enrichiront le français de plusieurs barbarismes et appauvriront les Français de plusieurs millions.—On taille les pommiers et les poiriers.—Le Journal des Débats renouvellera l’avis qu’il a donné, il y a quelques années, aux pauvres, au milieu de la saison rigoureuse: il leur conseillera de mettre leurs économies à la caisse d’épargne.—M. Armand Bertin sera incommodé à la suite d’un dîner.—Vers la seconde moitié du mois, on voit cesser assez brusquement certaines tendresses, certains soins, qui avaient signalé la fin du mois de décembre.

On remarquera avec amertume que les diablotins et les papillotes continuent à marcher dans une voie de progrès.

Autrefois les devises des bonbons étaient de la plus charmante naïveté:—c’étaient d’innocents madrigaux adressés à la beauté,—des énigmes et des logogriphes proposés à tout le monde.—J’en ai gardé quelques-uns qui ne datent pas de plus de quinze ans:

Iris, voyez combien vos charmes
Me coûtent chaque jour de larmes!

AUTRE.

Voyez, à mon émotion,
Quelle est l’ardeur de ma passion.

AUTRE.