—Eh bien! dit le jeune homme s’arrêtant enfin dans un coin, est-ce là tout? n’as-tu rien à me dire?
—Absolument rien, répond le domino.
Et le jeune homme lève les yeux au plafond et se ronge un ongle, ce qui lui donne pour les passants l’air de dire: «Où diable a-t-elle appris tout cela? je suis le plus intrigué des hommes.»
—Je ne te connais pas, ajoute le domino, je ne t’ai jamais vu.
Et le jeune homme frappe du pied avec l’air dépité d’un homme auquel on raconterait ses aventures les plus secrètes;*—un de ses amis, voyant ses gestes, dit: «Il paraît qu’on en dit de dures à Charles.»
—Je t’ai pris le bras, continue le domino, parce que tu passais près de moi, et que c’était le seul moyen de me débarrasser d’un de mes amis qui s’était cramponné à moi et ne voulait pas me quitter,—je le remercie et je te laisse.
Le jeune homme reste seul, garde quelque temps l’air d’un homme très-préoccupé des révélations qu’on vient de lui faire.
L’ami qui l’avait observé l’aborde et lui dit:
—Eh bien, tu parais intrigué?
—Ne m’en parle pas! une femme charmante! un lutin pour l’esprit et la malice!—oh! elle ne m’a pas ménagé;—elle sait de moi des choses... et je ne puis savoir qui elle est;—je lui ai fait les questions les plus insidieuses, elle s’en est tirée avec un sang-froid, un tact, une présence d’esprit admirables!—Oh! je la connaîtrai.