FÉVRIER.—Vers la moitié de ce mois, S. M. Louis-Philippe—vendra, comme l’année précédente (20 février 1842),—les premiers haricots verts de l’année.—Fureur de M. de Rothschild, qui n’en pourra livrer au commerce que plusieurs jours après le roi des Français.—CARNAVAL, bals de l’Opéra; attendu que dix théâtres et établissements publics seront pleins chaque soir de masques, qui s’y encaqueront par milliers, et que lesdits masques dormiront le jour, les journaux de l’opposition feront remarquer qu’on ne voit pas un seul masque sur les boulevards, signe évident de la misère, des souffrances et de la tristesse du peuple.—On ne rira pas assez des grandes phrases que ces braves journaux feront sur ce thème.—Plusieurs législateurs seront mis au violon pour danses un peu trop risquées.—Quelques femmes libres également cesseront momentanément de l’être pour l’avoir été trop dans leurs attitudes.—Quelques vieilles femmes abuseront du masque pour séduire et mener à mal des jeunes gens sans expérience.

Plusieurs auront des aventures du genre que voici:

UN DOMINO. Je te connais, tu t’appelles Charles.

UN AUTRE. Je te reconnais, tu es employé au ministère des finances.

UN AUTRE. Je te connais, tu avais avant-hier un pantalon bleu.

Et le jeune homme est le plus heureux des mortels; il se dit: «Comme on m’intrigue donc! comme je suis donc connu! comme on s’occupe donc de moi!»

Un domino lui prend brusquement le bras et marche avec lui sans parler.